En bref
Le monitoring, ou cardiotocographie, enregistre en même temps le rythme cardiaque de votre bébé et vos contractions, grâce à une ceinture munie de capteurs posée sur le ventre. Il montre bien à quelle fréquence les contractions reviennent ; avec le capteur externe, le chiffre affiché ne donne qu’une idée approximative de leur force. Dans une petite étude comparant ce capteur à une sonde placée dans l’utérus, la hauteur des courbes concordait mal. Une application de contractions ne remplace pas le monitoring : elle enregistre seulement les moments où vous appuyez.
Sommaire
Vous étiez sous monitoring, et le chiffre restait bas sur l’écran alors que la contraction faisait vraiment mal ? Ou vous vous demandez à partir de combien une contraction compte sur le tracé. Le monitoring des contractions enregistre en même temps le rythme cardiaque de votre bébé. Il montre bien à quelle fréquence les contractions reviennent, beaucoup moins leur force ou la douleur qu’elles vous causent.
Ce que le monitoring enregistre
En France, on appelle monitoring la cardiotocographie : l’enregistrement du rythme cardiaque fœtal, ou RCF, et des contractions de l’utérus. Selon la maternité de l’Institut mutualiste Montsouris, à Paris, les deux enregistrements se font en même temps, grâce à une ceinture munie de capteurs posée sur votre ventre. L’examen est sans douleur et sans danger, pour vous comme pour votre bébé.
Un capteur recueille les battements du cœur de votre bébé, sans les confondre avec ceux de la mère. L’autre enregistre les contractions depuis l’extérieur, à travers la paroi du ventre. En cas de doute ou de risque, l’équipe peut ajouter un capteur interne. Pour les contractions, il est placé dans un cathéter introduit dans la cavité amniotique ; vos mouvements ne le perturbent pas, ce qui le rend plus précis (maternité Montsouris).
Pendant le travail, la ceinture limite un peu vos mouvements, note la HAS (Haute Autorité de santé), qui recommande de privilégier les appareils qui vous laissent bouger et restent confortables.
Comment lire un monitoring : les deux courbes
Sur l’écran ou sur le papier, vous voyez deux courbes. Celle du haut montre le rythme cardiaque de votre bébé en battements par minute, celle du bas les contractions.
La HAS recommande d’interpréter le rythme cardiaque avec la classification de la FIGO, la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique, ou avec celle du CNGOF, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français. D’après le tableau de la FIGO reproduit par la HAS, un tracé normal se présente ainsi :
| Critère | Ce que c’est | Normal selon la FIGO |
|---|---|---|
| Rythme de base | La fréquence autour de laquelle la courbe oscille | 110 à 160 battements par minute |
| Variabilité | L’amplitude des oscillations autour du rythme de base | 5 à 25 battements par minute |
| Ralentissements | Des baisses passagères du rythme cardiaque, appelées aussi décélérations | Pas de ralentissements répétitifs, c’est-à-dire liés à plus de la moitié des contractions |
Quand au moins un critère normal manque, sans signe pathologique, le tracé est dit suspect : la probabilité que le bébé manque d’oxygène reste faible. Un tracé pathologique, par exemple avec un rythme de base sous 100 battements par minute, indique au contraire une forte probabilité d’hypoxie. La présence d’accélérations du rythme montre que le bébé ne manque pas d’oxygène, et leur absence pendant le travail n’a pas de signification certaine (HAS).
Cette lecture revient à l’équipe, qui interprète le tracé dans son ensemble. Vous n’avez pas à déchiffrer chaque chiffre de l’écran : posez vos questions à la sage-femme.
La courbe du bas se lit ainsi : chaque contraction forme une bosse qui monte puis redescend. En comptant les bosses sur dix minutes, on sait à quelle fréquence les contractions reviennent. C’est d’ailleurs sur dix minutes, toutes les 30 minutes, que la HAS demande d’évaluer cette fréquence pendant la phase active.
Infographie
Comment lire un monitoring
Courbe du haut : le rythme cardiaque de votre bébé en battements par minute ; un rythme de base entre 110 et 160 est considéré comme normal (HAS)
Courbe du bas : les contractions montre bien leur fréquence ; le capteur externe ne mesure leur force que de façon approximative
Contraction sur monitoring : à partir de combien ?
Avec le capteur externe, la hauteur du pic ne dit pas de façon fiable si une contraction est forte. Posé sur le ventre, ce capteur ne mesure pas la pression à l’intérieur de l’utérus ; c’est le rôle du capteur interne, plus précis (maternité Montsouris).
Une étude américaine de Miles et ses collègues, publiée en 2001, a comparé les deux chez 20 femmes en travail actif, entre 36 et 41 SA. Pendant deux heures, leurs contractions ont été enregistrées à la fois par un capteur externe et par une sonde de pression placée dans l’utérus. La fréquence des contractions concordait bien ; leur hauteur et leur durée, beaucoup moins. L’étude est petite, et les participantes étaient plutôt en surpoids, avec un IMC médian de 31,8. Les auteurs concluent que, chez ces femmes, il ne faut pas se fier uniquement au capteur externe pour évaluer les contractions.
Le chiffre affiché ne permet donc pas de dire à partir de quand une contraction est forte, qu’il indique 40, 70 ou 100. Ce qui se lit bien sur ce tracé, c’est leur fréquence. La maternité Montsouris précise que l’équipe analyse aussi l’intensité, la durée et le tonus de base de l’utérus entre les contractions. Quand on vous administre de l’oxytocine et que l’enregistrement des contractions est de mauvaise qualité, la HAS demande d’envisager un capteur interne.
Aucun appareil ne mesure la douleur. La HAS recommande de l’évaluer avec une échelle, en vous demandant de la noter. Dites à la sage-femme ce que vous ressentez, même si la courbe paraît plate.
Le monitoring ne montre pas non plus si les contractions ouvrent le col. Selon l’ACOG, le collège américain des gynécologues-obstétriciens, le seul moyen de distinguer un vrai travail d’un faux est parfois un toucher vaginal, qui recherche une modification du col. Les différences sont détaillées dans les articles sur les contractions de Braxton Hicks et le faux travail.
Monitoring de grossesse : à partir de quand ?
Pendant la grossesse
Quand la grossesse se prolonge, le CNGOF, dans ses recommandations de 2011, conseille de commencer une surveillance à partir de 41 SA, deux à trois fois par semaine. L’enregistrement du rythme cardiaque fœtal en est l’examen de première ligne. Pour le CNGOF, le terme va de 37 SA à 41 SA et 6 jours ; on parle de grossesse prolongée au-delà de 41 SA et de terme dépassé à partir de 42 SA.
Si l’on vous propose un monitoring à un autre moment de la grossesse, demandez à votre sage-femme ou à votre médecin ce qu’il doit vérifier.
Avant le 8e mois, des contractions fréquentes et intenses, des douleurs dans le bas du dos, des saignements ou une sensation de pression dans le bassin peuvent signaler un accouchement prématuré. L’Assurance Maladie demande alors de consulter immédiatement.
À la maternité, pendant le travail
À votre arrivée en salle de naissance, la HAS recommande de vous proposer l’une de deux façons d’évaluer l’état de votre bébé : une auscultation intermittente, pendant une contraction et juste après, durant au moins une minute, ou un enregistrement continu par monitoring pendant 20 minutes. L’Assurance Maladie décrit ce monitoring comme un enregistrement des battements du cœur de votre bébé lors des contractions, grâce à un capteur placé sur l’abdomen.
Ensuite, après vous avoir informée des bénéfices et des risques de chaque technique, l’équipe vous laisse choisir entre une surveillance continue par monitoring et une surveillance discontinue, si l’organisation de la maternité le permet : la surveillance discontinue demande une sage-femme ou un médecin par femme. Par auscultation, elle se fait alors toutes les 15 minutes pendant la phase active, puis toutes les 5 minutes pendant la phase de poussée. Selon la HAS, la surveillance discontinue augmente le taux de convulsions chez le nouveau-né, et la surveillance continue celui des naissances par césarienne ou avec instruments.
La HAS recommande un monitoring continu dans certaines situations, par exemple quand on vous administre de l’oxytocine ou après la pose d’une péridurale. Demandez lors d’une consultation comment votre maternité organise cette surveillance.
Une application peut-elle remplacer le monitoring ?
Non. Notre application de contractions ne mesure rien sur votre corps. Vous appuyez quand une contraction commence et quand elle s’apaise, et l’app en déduit la durée et l’intervalle ; comment l’app calcule explique le détail.
Elle ne peut pas montrer si votre bébé va bien : pour cela, la sage-femme ou le médecin écoute son cœur ou fait un monitoring. L’app vous évite en revanche les calculs quand vous êtes chez vous, la nuit, et que vous voulez savoir si les contractions se rapprochent, et elle vous prévient quand la consigne que vous avez réglée est atteinte.
Noter ses contractions à la maison avant de partir
À la maison, personne n’enregistre de monitoring. Ce que vous pouvez noter vous-même, c’est le rythme de vos contractions, et c’est précisément ce que regarde la consigne de départ pour la maternité.
- Notez le début et la fin de chaque contraction, avec une montre et un papier ou sur le tableau des contractions à imprimer.
- Si la poche des eaux se rompt, notez l’heure, la couleur et la quantité de liquide, comme le demande l’Assurance Maladie ; l’article sur la perte des eaux explique quoi regarder.
- Notez aussi si vous saignez et si votre bébé bouge comme d’habitude.
En France, l’Assurance Maladie demande de partir à la maternité après le 8e mois quand les contractions sont régulières et reviennent toutes les dix minutes environ, et d’y aller d’urgence, sans prendre de bain, si la poche des eaux se rompt. Si votre maternité vous a donné une autre consigne, suivez la sienne.
À votre arrivée, montrez vos notes à la sage-femme. Elle évalue de toute façon la fréquence, l’intensité et la durée de vos contractions (HAS), et vos notes lui donnent un aperçu rapide de leur évolution, sans remplacer un examen.
Pour mesurer vos contractions correctement, lisez calculer ses contractions ; pour savoir quand partir, quand aller à la maternité.
Appelez tout de suite, quel que soit le rythme des contractions
Si l’un de ces signes apparaît, n’attendez pas un rythme précis : appelez tout de suite la maternité ou votre sage-femme, de jour comme de nuit. La liste suit le NHS britannique et l’ACOG, le collège américain des gynécologues-obstétriciens ; l’Assurance Maladie en cite plusieurs dans son guide pour les futurs parents.
- Vous perdez les eaux, même sans contractions.
- Le liquide est teinté ou sent mauvais.
- Vous avez des saignements vaginaux. Un peu de sang dans le bouchon muqueux peut en faire partie ; s’il y en a davantage, appelez.
- Votre bébé bouge moins que d’habitude.
- Vous avez une douleur forte et continue qui ne passe pas entre les contractions.
- Vous avez de la fièvre : 38 °C ou plus.
- Vous êtes à moins de 37 SA et pensez que le travail commence.
- Une contraction dure plus de 2 minutes, ou vous avez 6 contractions ou plus en 10 minutes.
- Vous avez un doute ou vous êtes inquiète. Vous pouvez appeler à tout moment.
Appelez le 15 (Samu) ou le 112 si vous ressentez une forte envie de pousser et pensez que votre bébé arrive maintenant.
Sources de cette liste : NHS: Signs that labour has begun (2023) ; NHS: Pregnancy symptoms you need to get help for ; ACOG: How to tell when labor begins ; Assurance Maladie : J’arrive ! Le guide des futurs parents avant la naissance (2025)
Questions fréquentes
C’est quoi le monitoring fœtal ?
C’est l’enregistrement simultané du rythme cardiaque de votre bébé et de vos contractions, appelé aussi cardiotocographie. Une ceinture munie de capteurs est posée sur votre ventre, et l’examen est sans douleur et sans danger (maternité Montsouris). En salle de naissance, il sert à surveiller les battements du cœur du bébé pendant les contractions (Assurance Maladie).
Quel chiffre pour une contraction sur monitoring ?
Avec le capteur externe posé sur le ventre, le chiffre ne dit pas de façon fiable si une contraction est forte. Dans une petite étude publiée en 2001, la hauteur des courbes externes concordait mal avec la pression mesurée dans l’utérus, alors que la fréquence concordait bien. Le tracé sert surtout à voir à quel rythme les contractions reviennent ; pour leur force, dites à la sage-femme ce que vous ressentez.
Quel est le rythme cardiaque normal d’un bébé au monitoring ?
Selon les critères repris par la HAS, un rythme de base entre 110 et 160 battements par minute est normal. Au-dessus de 160 pendant plus de dix minutes, on parle de tachycardie, et en dessous de 110 pendant plus de dix minutes, de bradycardie. Dans la classification de la FIGO, la courbe oscille normalement de 5 à 25 battements autour de ce rythme. C’est l’équipe qui interprète le tracé dans son ensemble.
Que signifie un ralentissement du cœur du bébé au monitoring ?
Les ralentissements, ou décélérations, sont des baisses passagères du rythme cardiaque, le plus souvent liées aux contractions (HAS). Dans la classification de la FIGO reprise par la HAS, des ralentissements qui ne se répètent pas restent compatibles avec un tracé normal. Ils deviennent un critère pathologique quand ils sont répétitifs, tardifs ou prolongés pendant plus de 30 minutes (20 si la variabilité est réduite), ou quand un ralentissement dure plus de 5 minutes. Demandez à l’équipe ce qu’elle voit sur votre tracé.
Combien de temps dure un monitoring ?
À l’arrivée en salle de naissance, la HAS prévoit un enregistrement continu de 20 minutes, ou une auscultation intermittente si vous la préférez. Pendant le travail, la surveillance peut ensuite être continue ou discontinue, selon votre choix et l’organisation de la maternité. La HAS recommande un monitoring continu si vous recevez de l’oxytocine ou après la pose d’une péridurale.
Une application peut-elle remplacer le monitoring ?
Non. Une application de contractions comme la nôtre ne mesure rien sur votre corps : elle enregistre seulement les moments où vous appuyez au début et à la fin d’une contraction, et en calcule la durée et l’intervalle. Elle ne peut pas dire si votre bébé va bien ; pour cela, la sage-femme ou le médecin écoute son cœur ou fait un monitoring.
Sources
- HAS (Haute Autorité de santé) : Accouchement normal : accompagnement de la physiologie et interventions médicales, recommandation de bonne pratique (2017, mise à jour 2023)
- HAS (Haute Autorité de santé) : Accouchement normal : accompagnement de la physiologie et interventions médicales, argumentaire scientifique (2017, mise à jour 2023)
- Maternité de l’Institut Mutualiste Montsouris (Paris) : Monitoring foetal (2025)
- ameli.fr : Comment se déroule un accouchement ? (2026)
- Assurance Maladie : J’arrive ! Le guide des futurs parents avant la naissance (2025)
- CNGOF : Grossesse prolongée et terme dépassé, recommandations pour la pratique clinique (2011)
- Miles AM, Monga M, Richeson KS : Correlation of external and internal monitoring of uterine activity in a cohort of term patients. Am J Perinatol (2001)
- ACOG : How to Tell When Labor Begins (2025)
Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, appelez toujours votre maternité ou votre sage-femme ; en cas d’urgence, le 15 ou le 112.
